Quel beurre pour quel usage?

Quel beurre pour quel usage? © Olivier Born
 

La formule est connue: avec, c’est bien meilleur! Le beurre sublime les saveurs, relève les goûts et apporte de l’onctuosité. Banal, il mérite pourtant sa place, car il s’agit d’un produit naturel et de proximité. Son processus de fabrication, bien que mécanisé, est immuable (voir encadré ci-dessous). En 2009, il s’en est produit 46 969 tonnes en Suisse, principalement dans les centrales du beurre, mais aussi dans les fromageries et les exploitations d’alpage. L’interprofession OS Beurre regroupe les quatre plus grands producteurs helvétiques: Cremo SA, Emmi, Fuchs et la Fédération des producteurs suisses de lait. Le beurre de choix domine 96% du marché. «La standardisation du lait a entraîné l’augmentation des quantités produites», signale Peter Ryser, chef de ventes pour OS Beurre. Pour rappel, en 2008, la Confédération a imposé à l’industrie de transformation du lait une baisse des teneurs en matières grasses, afin de s’aligner sur les normes européennes. Le lait entier affiche désormais 3,5% de matières grasses, contre 3,8% auparavant.
Ce changement a permis à l’industrie de transformer davantage de graisse lactique en crème ou en beurre. Résultat: les quantités dépassant largement la demande indigène, la Suisse s’emploie à exporter sa production excédentaire (plus de 4100 tonnes) de beurre. En 2009, les surplus ont été vendus en Turquie, en Russie, en Syrie et en Arabie saoudite, notamment.

Une offre diversifiée

Sur le marché helvétique, l’offre beurrière se diversifie. Salé, aromatisé à la truffe, aux herbes, à la fleur de sel de Guérande, bio, de montagne ou de la région: il y en a désormais pour tous les goûts. Même si la Suisse fait encore un peu pâle figure face aux rayons crémiers des magasins français ou même allemands.

Exempt d’additifs et d’agents conservateurs, contrairement aux graisses synthétiques hydrogénées, de production locale et respectueuse de l’environnement, contrairement à l’huile de palme, le beurre a tout pour plaire. La Société suisse de nutrition recommande de ne pas en consommer plus de 10 grammes par jour et d’éviter son usage généralisé dans la cuisine. L’idéal consiste à varier les plaisirs, en privilégiant les acides gras insaturés de sources végétales: huile de colza, de noix, de lin, de tournesol ou d’olive. Leur action est favorable au taux sanguin de cholestérol. Les acides gras saturés d’origine animale, comme le beurre, ou présents dans les graisses végétales solides, comme la graisse de coco, sont à consommer avec modération.

Marjorie Siegrist

Terre&Nature, le 10 février 2011
 

Les quatre principales sortes de beurre

 

 

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L'avis de l'expert

Qu’est-ce qui fait que les beurres ont des goûts différents?
 
«Au niveau production, le goût d’un beurre de crème acidulée est plus prononcé que celui d’un beurre de crème douce. Le beurre de fromagerie, fabriqué à partir de crème de lactosérum issu de la fabrication du fromage, a encore un arôme différent. Et puis, l’ajout de sel ou d’herbes influence l’arôme final», signale Peter Ryser (notre photo), chef de vente d’OS Beurre.

Quelles sont les meilleures conditions de conservation du beurre?
 
«Le goût du beurre a tendance à s’amenuiser avec le temps. C’est pourquoi il est plus intéressant de le consommer rapidement.» Il est toutefois possible de le surgeler: durant dix mois au congélateur, mais seulement trois mois dans un petit freezer. Eviter de le stocker avec des denrées odorantes, car les graisses captent facilement les saveurs alentour.

L’offre en variétés de beurre se diversifie-t-elle sur le marché?
 
«L’offre est très variée, tant au niveau des quantités (de la portion individuelle au kilo) qu’au niveau des qualités. Les marques de beurre se multiplient aussi constamment.»


Les étapes du processus de fabrication

Pour fabriquer 1 kilo de beurre, il faut 22 à 25 litres de lait frais.

Ecrémage: Cette opération permet d’isoler les globules gras du lait. Autrefois, on attendait que la crème remonte naturellement à la surface du lait. Aujourd’hui, ce processus naturel est rendu plus rapide par l’utilisation d’une écrémeuse-centrifugeuse. Le lait y tourne à grande vitesse, ce qui entraîne la séparation de la crème et du lait.
Pasteurisation: La crème est chauffée quelques secondes entre 90 et 105 degrés.
Maturation: Le refroidissement de la crème à 6-7 degrés entraîne son épaississement. L’adjonction de ferments lactiques acidifie la crème. Cette opération vise à développer le goût et améliorer la conservation du beurre. Aucun additif – émulsifiant, stabilisateur, colorant ou arôme – n’est autorisé.
Barattage: La crème est agitée pour faire éclater les globules de matière grasse. Des petits grains de beurre se forment en se séparant du petit-lait (babeurre). Ces grains sont ensuite égouttés, lavés et rassemblés en motte.
Malaxage: Il assure l’homogénéisation du beurre en répartissant l’eau dans la matière grasse.
 

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