Retrouvez ici toutes les dernières informations sur les abeilles et l'apiculture.
Le bois suisse a le vent en poupe

Le bois a toujours fait partie intégrante de l’architecture suisse, notamment dans celle des chalets, véritable carte de visite du pays. Aujourd’hui, il est toujours utilisé dans le bâtiment, mais plus de la même façon. Le goût pour les façades style «chalet de montagne» n’est plus vraiment d’actualité. Les particuliers qui se font construire une maison en bois se placent dans une perspective écologique, utilisent majoritairement du sapin ou de l’épicéa, mais ne veulent pas forcément que ce matériau se voie. Cette tendance se confirme, notamment motivée par le fait que l’aspect esthétique du bois se modifie, devenant plus terne avec le temps. Raison pour laquelle beaucoup le recouvrent de métal, de verre ou, le plus souvent, d’Eternit. Il n’existe pas de statistiques indiquant quel est le pourcentage de constructions en bois réalisées chaque année en Suisse, mais le secteur se porte bien si l’on en croit le développement des entreprises de construction.
Au laboratoire de constructions en bois IBois de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne, l’équipe de chercheurs du professeur Yves Weinand travaille sur de nouvelles possibilités d’utilisation. Parmi eux, le chercheur Hans Ulrich Buri ne voit pas d’un mauvais œil que le bois devienne invisible dans la construction: «Il faut faire une pesée d’intérêts. Les changements de couleur, au fil du temps et des intempéries, ne se font pas de façon homogène. Le bois va réagir, prendre l’humidité, puis la redonner. Pour l’intérieur des maisons, c’est idéal car il ne fera jamais trop humide dans une construction en bois. Mais à l’extérieur, ces modifications esthétiques ne plaisent pas forcément à tout le monde. Les vieux chalets disposaient notamment de grands avant-toits pour protéger les façades. Aujourd’hui, la solution est de les recouvrir avec d’autres surfaces. Ce qui est aussi une bonne alternative».
Avenir prometteur
Le chercheur estime, comme ses collègues, que le bois n’a pas encore livré tout son potentiel. «N’importe quelle forme peut lui être donnée en architecture, et personne, pour l’instant, ne semble connaître réellement les limites de ce matériau. Si l’on peut tout faire avec le bois, il faut cependant l’utiliser de manière intelligente et adaptée. Comme il est constitué de matières organiques, il est vulnérable dans certains milieux, comme dans les endroits très humides. De plus, comme c’est un matériau souple, il ne conviendra pas comme plancher dans une fabrique d’horlogerie car les vibrations des pas pourraient intervenir sur les mécanismes de précision.
En dehors de cela, Hans Ulrich Buri en est convaincu: le bois est un matériau d’avenir. «Non seulement il est biodégradable, mais il va être employé avec des formes et dans des types de constructions que nous n’imaginons pas encore. Renouvelable, le bois peut être réutilisé. Prenez l’exemple des chalets en madrier, démontés et remontés ailleurs. Ce type d’utilisation en cascade est complètement adapté. Le bois a de beaux jours devant lui.»
Martine Bernier
Terre&Nature, le 9 février 2012
QUESTIONS À…
Mélanie Pittet-Baschung
Chargée de communication au Cedotec, organisme de promotion du bois pour la Suisse romande
«Construire en bois suisse, c’est aussi faire un geste en faveur du climat»
Où en sommes-nous aujourd’hui dans l’utilisation du bois en matière de construction?
«Il y a quelques années, la Suisse alémanique était en avance sur la Romandie dans ce secteur. Aujourd’hui, la situation a évolué et la Romandie affiche un grand dynamisme, soutenu par les initiatives politiques qui sont intervenues en 2011 et qui se poursuivent en 2012.»
Plus que jamais, le bois entre dans le cadre d’une démarche écologique, soutenu notamment par le monde politique…
En effet, la loi sur le CO2 s’est enrichie d’un article supplémentaire l’an dernier. Le Conseil des Etats a institué les bases légales pour la prise en compte du bois de construction dans la réduction des émissions de CO2 . Pour croître, le bois prélève le CO2 dans l’atmosphère, fixe le carbone et rejette l’oxygène. Si l’on utilise le bois dans la construction, le carbone reste stocké dans le bâtiment jusqu’à sa démolition. Ce qui veut dire que, lorsque vous investissez dans la construction d’une maison utilisant ce matériau, vous effectuez un geste significatif pour le climat. Près de 45 millions de tonnes de CO2 sont ainsi stockées dans le parc immobilier suisse, ce qui correspond aux émissions annuelles du pays.
Aujourd’hui, les spécialistes du bois nous disent que «construire en bois c’est bien, mais construire en bois suisse c’est mieux». Ne risque-t-on pas d’épuiser nos forêts?
Non. Nous consommons à peine plus de la moitié de la croissance annuelle. Pour réaliser un pas de plus dans la démarche éthique, les consommateurs sont vivement encouragés à exiger du bois en provenance des forêts suisses. Là encore, une nouveauté est intervenue avec le Certificat d’origine bois suisse de Lignum (Economie suisse du bois), attribué désormais au bois provenant de l’ensemble de l’aire forestière suisse. Ce certificat est appuyé par l’entrée en vigueur en 2012 de l’obligation légale pour les commerçants vendant les bois et les produits en bois, d’en indiquer la provenance et l’espèce de bois proposée.

Témoignage
«Une magnifique qualité de vie»













