Plantes médicinales: Plutôt en tisanes ou en granules?

Plantes médicinales © Jean-Claude Curchod
 

Les soins par les plantes ont le vent en poupe. Huiles essentielles, tisanes, granules homéopathiques, fleurs du Dr Bach: les préparations sont multiples et il est parfois difficile de faire son choix entre une tisane ou des gouttes pour soulager ses maux quotidiens. Une même plante est-elle bonne à tout faire? A cette question, le Dr Pierre-Olivier Tauxe, médecin pratiquant la phytothérapie depuis plus de vingt ans à Lausanne, répond qu’il n’existe que peu de différences entre une préparation et une autre, si ce n’est en terme de prix: «Plus les principes actifs sont condensés, plus le coût de la préparation est élevé. C’est mathématique.» En effet, pour une tisane de camomille, on utilise deux à trois cuillères de fleurs séchées par tasse. Pour une huile essentielle, Jean-Marc Genevey, de la distillerie vaudoise de Bassins, (VD) compte 25 kg de plantes fraîches pour une bouteille de 5 ml d’huile essentielle. La tisane sera ainsi vendue moins chère. «Mais elle sera aussi moins efficace, pondère le Dr Tauxe. Pour obtenir la même puissance active qu’une goutte d’huile essentielle, il faudrait boire une piscine de tisane.»

Reste que c’est bien en fonction des symptômes que le degré de dilution approprié devra être prescrit, selon l’intensité du remède souhaitée mais aussi en fonction des affinités du médecin ou du pharmacien. «Certaines préparations sont plus proches de l’énergie de la plante et agissent davantage sur les états émotionnels, tout comme les fleurs de Bach, qui sont connues pour influer sur le mental, relève le Dr Tauxe. Les huiles essentielles, plus puissantes, agissent également sur les états physiques.»

Quatre possibilités

Dans la constellation des plantes utilisées en automédication, la camomille est parmi les plus fréquentes. Le plus souvent, on la boit sous forme de tisane, pour aider à digérer. Une tisane qui peut également servir, sous forme de compresse, à calmer les inflammations oculaires mineures. Mais on la trouve sous bien d’autres formes pour des prescriptions plus subtiles. Clara Dubosson, pharmacienne à Martigny (VS) formée en phytothérapie, commente les principales.

La teinture mère de camomille. «Obtenuepar macération de plantes fraîches dans de l’alcool à 60°, elle est utilisée pour le traitement des spasmes et des inflammations du tube digestif, mais aussi pour calmer les maux de tête liés aux troubles du cycle menstruel. La teinture mère est plus active que la tisane et elle a une durée de conservation beaucoup plus longue. Son désavantage réside dans sa teneur en alcool, qui freine son utilisation chez les enfants et les personnes intolérantes.»

L’essence de camomille. «Produite selon une méthode proche des procédés alchimistes (fermentation, distillation, puis mélange du distillat au produit de la calcination des résidus du distillat), elle agit au niveau énergétique, protège, calme, amène la sécurité et donne le goût de vivre. Elle est utilisée notamment chez les personnes capricieuses ou excessivement irritables, lors de névralgies, de coliques chez les bébés et de douleurs de dentition, d’aphtes, d’otites ou bien encore de troubles digestifs.

Les remèdes homéopathiques. «Préparés à partir de teintures mères par dilutions successives, ils conviennent pour calmer les douleurs ressenties comme intolérables, déchirantes, lancinantes, et aggravées par la chaleur. On utilisera Chamomilla en dilution basse (5 ou 7 CH) pour le traitement des symptômes physiques, comme les douleurs de dentition, les coliques ou les otites. En dilution haute (12, 15 ou 30 CH), elle sera utile au traitement des symptômes «mentaux» comme l’insomnie.»

L’huile essentielle de matricaire. «Obtenue par distillation, elle possède de nombreuses propriétés: anti-inflammatoire, cicatrisante, antiallergique, décongestive, antispasmodique, tonique, digestive. On l’utilise pour le traitement des digestions difficiles, des gastrites, des troubles de la menstruation, ainsi qu’en usage externe pour les dermatoses, plaies infectées et des eczémas.»

Céline Fossati

Terre&Nature, le 29 septembre 2011

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Plusieurs camomilles

La camomille est un nom usuellement donné à plusieurs espèces de plante de la famille des Astéracées. Deux espèces sont principalement utilisées en phytothérapie: la camomille romaine (Chamaemelum nobile - notre photo) et la camomille sauvage (Matricaria recutita), appelée aussi camomille allemande, petite camomille, matricaire camomille, matricaire tronquée ou camomille vraie. Selon la pharmacienne Clara Dubosson, «la camomille matricaire ne doit pas être confondue avec la camomille romaine, qui n’a rien de commun sur le plan botanique et qui présente une teneur bien plus faible en principes actifs. La camomille romaine est moins utilisée, sauf en huile essentielle, où elle supplante la matricaire à cause de ses propriétés calmantes sur le système nerveux central.»
 

De la fleur à l'huile essentielle

La récolte
Les fleurs de camomille romaine sont cueillies à maturité, lorsqu’elles sont les plus belles. Dans la journée, elles sont coupées et acheminées à la distillerie de Bassins (VD), l’unique distillerie de Suisse romande.
 
 
 
 
 
 
 
 

L’extraction
Quelques heures après sa récolte, la camomille est placée dans une cuve, qui sera traversée par de la vapeur d’eau.

 
 
 
 
 
 
 
 

La distillation
Après avoir traversé la cuve de fleurs fraîches, la vapeur d’eau est refroidie, elle se condense et redevient liquide. Elle passe alors par un essencier (notre photo) qui permet de séparer naturellement l’huile essentielle de l’eau florale de par la différence de leur densité.
 
 
 
 
 

Le conditionnement
L’huile essentielle est récoltée dans un décanteur (notre photo), avant d’être conditionnée dans des flacons de 5 ml. Une partie de l’eau florale sera également conditionnée dans des flacons pour être vendue comme lotion pour le visage et pour les yeux.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

+ D’INFOS www.distilleriedebassins.ch

 

© Photos Céline Fossatti

 

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