Sommaire de l'édition Terre&Nature de cette semaine
Donnez à votre balcon les couleurs de l'automne

A l’image des pélargoniums, ces traditionnels «géraniums» ornant nos fenêtres et terrasses, beaucoup de plantes estivales n’en finissent plus de fleurir, et sont encore fort belles en octobre. Pourtant, si l’on veut les conserver d’une année à l’autre, il est prudent de les rentrer avant la fin de ce mois-là. Car les premiers gels surviennent régulièrement dans la dernière dizaine d’octobre, voire parfois plus tôt, et ce même en plaine.
L’automne à peine entamé, on se retrouve de la sorte avec une serre bien fleurie… et des fenêtres et/ou une terrasse vides. Sûr qu’on aurait envie d’y prolonger un brin la belle saison – d’autant que les commerces verts sont toujours plus enclins à nous faire des propositions en ce sens!
Avant de se lancer dans de grandes plantations, il faut cependant savoir que, parmi les plantes présentes sur les étals à l’automne:
➤ certaines sont rustiques, c’est-à-dire qu’elles résistent au froid de nos hivers, et d’autres non;
➤ certaines sont vivaces, et pourront à nouveau décorer les potées l’année suivante, ou être replantées au jardin, et d’autres non;
➤ certaines restent décoratives malgré le froid, et assureront le décor jusqu’aux nouvelles plantations du printemps prochain… et d’autres non.
Toutes différentes
Les asters, par exemple, sont vivaces et rustiques: ils résistent à l’hiver et pourront à nouveau garnir la terrasse l’année suivante, ou être replantés au jardin; cependant leur floraison cessera après quelques semaines, même si le gel ne vient pas roussir prématurément leurs tiges.
Les hébés (véroniques arbustives), avec leur feuillage persistant, restent quant à elles ornementales en hiver; mais si elles sont vivaces, la plupart sont aussi plutôt gélives, et il sera prudent de les abriter des grands froids, surtout lorsqu’elles sont cultivées en pots.
Les pensées pour leur part sont rustiques, et si elles prennent des airs très crispés par grand froid, elles ressuscitent vite au redoux; mais elles sont plutôt bisannuelles, et ne se ressèment volontiers que dans les jardins au sol pas trop sec.
Isabelle Erne
Terre&Nature, le 29 septembre 2011

Notre sélection de plantes
BruyèresAttention, car il y a bruyère et bruyère! En automne, on vend surtout la callune (Calluna vulgaris, notre photo); cette fausse bruyère est vivace et rustique, mais elle n’aime pas le calcaire et pour cette raison, dépérit assez vite dans la plupart de nos jardins. L’autre espèce couramment proposée en automne, Erica gracilis, n’est pas rustique et perd sa belle allure suite aux premiers gels. En revanche, dans les grandes jardineries, on trouvera au rayon des vivaces des cultivars d’ Erica carnea et Erica X darleyensis qui, elles, sont vivaces, rustiques et tolérantes au calcaire; leur floraison est un peu plus tardive, mais en automne, leurs feuillages diversement colorés assurent déjà le décor.
Cyclamens
Les gracieux cyclamens des fleuristes (C. x persicum) résistent à un léger gel, pas davantage: sous nos climats, ils doivent être abrités en serre froide au cœur de l’hiver. Si l’on veut des plants que l’on puisse laisser dehors, on optera pour des Cyclamen hederifolium (notre photo) ou des Cyclamen coum: tous deux dotés d’un feuillage ornemental en hiver, ils animeront en outre de leurs fleurs le début de l’automne pour les premiers, la fin de l’hiver pour les seconds.
Chrysanthèmes
Vivaces, mais pas toujours très rustiques (surtout les plants-boutures); les parties aériennes sont détruites par les gels un peu sérieux. Pour être sûr de conserver les potées, mieux vaut les conserver en serre froide au gros de l’hiver.
Hellébores
Les hellébores sont appréciés tant pour leur feuillage ornemental que pour leur floraison précoce et prolongée. Attention cependant, tous ne sont pas parfaitement rustiques, même en pleine terre – et donc a fortiori en potées. Les hybrides spectaculaires proposés depuis quelques années – comme les Helleborus X sternii, ou la variété ‘Silver Dollar’ – s’avèrent même franchement délicats. Pour un décor hivernal mieux assuré, préférer la simple rose de Noël (Helleborus niger), désormais proposée en variétés (notre photo: ‘Moonbeam’).
Lierres
Pour la plupart issus de notre Hedera helix indigène, les nombreux cultivars de lierre, qui se distinguent par les formes et les coloris de leurs feuillages, sont vivaces, persistants et donc décoratifs tout l’hiver, et généralement rustiques. Les variétés largement panachées de crème, cependant, semblent plus sensibles au gel, qui, s’il ne les détruit pas, endommage les parties aériennes. Et il est évidemment préférable de ne pas exposer brutalement au froid des plants provenant de serre.
Heuchères et tiarelles
Espèces cousines – elles s’hybrident d’ailleurs entre elles – heuchères et tiarelles ont l’avantage de rester décoratives tout au long de l’année (notre photo: Heuchera americana ‘Green Spice’). Vivaces, elles pourront demeurer des années en potées, ou bien être transplantées au jardin au printemps suivant, à mi-ombre ou au soleil non brûlant. Si ces plantes sont rustiques, certains cultivars cependant, notamment ceux aux feuillages colorés de vert tilleul, s’avèrent un peu délicats.
Graminées
Certaines graminées sont gélives. Le très spectaculaire Pennisetum setaceum, notamment, ne résiste pas au gel; les Carex les plus colorés, d’origine néo-zélandaise (notre photo: Carex testacea), ne sont pas non plus des modèles de rusticité. Au rayon des vivaces des jardineries ou auprès des pépiniéristes spécialisés, le choix reste cependant vaste. Pour les jardinières et les petites potées, mieux vaut toutefois opter pour des plantes compactes et restant jolies tout ou partie de l’hiver, comme la fétuque bleue, les cheveux-d’ange (Stipa tenuissima) ou l’Imperata cylindrica ‘Red Baron’.
Des pots bien adaptés
Côté froid, les contenants en bois isolent un peu mieux que les autres; le plastique peut devenir très cassant par fort gel, mais c’est surtout la terre cuite qui risque de faire les frais de la mauvaise saison: poser les pots sur des cales et éviter de détremper le terreau. A noter que l’estampille «résistant au gel» ne tient pas toujours ses promesses…










