Un pot-pourri de parfums

Un pot-pourri de parfums © Isabelle Erne
 

Qui dit parfum floral pense en premier lieu aux roses. Les rosiers cependant n’aiment pas trop la culture en bacs, et les aiguillons qui garnissent les rameaux (voire les feuilles) de beaucoup d’entre eux n’en font pas les meilleurs compagnons dans les petits espaces. D’autres bien odorants classiques sont également plus à l’aise au jardin qu’en terrasse: les iris des jardins, qui fleurissent mal en pots, les glycines, qui donnent leur pleine mesure quand elles peuvent filer loin, ou les chèvrefeuilles, qui n’apprécient guère les emplacements confinés (ils y sont continuellement envahis de pucerons).

Parfums solides…

Bien évidemment, rien n’empêche d’essayer quand même ces plantes au balcon. Mais d’autres végétaux parfumés donnent de bien meilleurs résultats en pots. En premier lieu, parmi les herbacées et les petits buissons, notons:

Les plantes aromatiques classiques – avec une mention spéciale, pour leur aspect ornemental, aux lavandes, aux romarins et à la verveine.
Les bulbeuses printanières, qui comptent des espèces doucement (tulipes) ou puissamment odorantes (jacinthes, narcisses multiflores comme ‘Erlicheer’, ‘Géranium’, ‘Cheerfulness’).
Les primevères et pensées, qui sont plus ou moins parfumées; certaines le sont délicieusement: à choisir au nez!
Les giroflées (Erysimum cheiri) se comportent bien en pots et, à emplacements abrités, peuvent facilement être conservées plusieurs années;
Certains lis , et notamment le lis royal (Lilium regale), qui compense la relative brièveté de sa floraison (début de l’été) par la grande taille et le parfum puissant de ses trompettes blanc pur.
Ces plantes se plaisent au soleil ou à mi-ombre. Elles sont pour la plupart bien rustiques, et peuvent donc être hivernées sur le balcon, à emplacement abrité (par exemple contre le mur de façade).

… et fragrances frileuses

Plus couramment proposées comme plantes de potées, les espèces suivantes sont frileuses. Le cas échéant, elles devront donc passer l’hiver en serre froide:

Les «géraniums» odorants . De nombreux Pelargonium – et certains de leurs hybrides – offrent un feuillage odorant. Le parfum se dégage généralement lorsqu’on effleure la plante: pomme, menthe, carotte, pin, citron, rose, bonbon, ginger ale, il y en a pour tous les goûts. Attention, il faut les choisir en tenant compte avant tout du feuillage, car côté floraison beaucoup de ces pélargoniums s’avèrent plus discrets et moins généreux que les habituels «géraniums» des balcons.
Les tabacs. Toutes les variétés, généralement cultivées en annuelles, ne sont pas parfumées, et il est difficile de choisir sur plant… étant donné que c’est surtout le soir et la nuit que les tabacs exhalent leur fragrance! Rarement proposé sous forme de planton, Nicotiana sylvestris forme une grande plante aux inflorescences légères, étagées, blanches et très odorantes. On la cultive plutôt au jardin, mais elle pousse très bien dans un grand pot (40 cm).
Les sauges d’ornement. Leurs feuillages sont aussi divers d’aspects et de parfums que ceux des pélargoniums, et la plupart offrent en sus une floraison estivale décorative et prolongée. En prime, des coloris parfois surprenants: des rouges, roses et orangés, mais aussi des pastels délicats, du bleu roi, du violet presque noir…
Le glaïeul d’Abyssinie. Communément proposé parmi les bulbes au printemps, ce glaïeul (parfois encore classé comme Acidanthera) attend souvent la fin de l’été pour épanouir ses grandes corolles blanches au cœur pourpré, au parfum puissamment exotique.
La tubéreuse. On trouve couramment ses bulbes au printemps (généralement la variété à fleurs doubles ‘The Pearl’), mais cette espèce ne réussit bien qu’à emplacement protégé, et avec des arrosages réguliers.

Isabelle Erne

Terre&Nature, le 28 avril 2011

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Attention - Ça ne sent pas toujours la rose!

Un nez humant une fleur, un vaporisateur de parfum… voilà le genre de pictogrammes qui, dans les catalogues, désignent les plantes odorantes. Sans forcément distinguer entre odeurs agréables ou non. La palme en la matière revient certainement au catalogue Bakker de ce printemps, qui inscrit ledit vaporisateur sous le curieux Sauromatum venosum – omettant de préciser que, comme beaucoup d’arums, celui-ci sent… la charogne. Sans donner dans un registre aussi extrême, toutes les plantes odorantes ne séduisent pas leurs jardiniers. Ainsi certains n’aiment pas l’odeur particulière des plants de tomate, des tagètes ou de l’herbe-à-Robert. Le Coleus canina , le Tulbaghia violacea et certains pélargoniums ne feront pas non plus l’unanimité.

Trop puissants

Bien des fleurs ne sont que doucement parfumées: il faut se pencher pour bien profiter de leurs fragrances. De même, la plupart des feuillages aromatiques restent olfactivement discrets tant qu’on ne les touche pas. Cette relative modestie est un avantage lorsqu’on jardine sur balcon. En effet, les parfums puissants, comme celui de la jacinthe, peuvent vite indisposer dans un espace réduit, surtout s’il est abrité des courants d’air. On se méfiera en particulier des plantes qui dégagent un fort parfum la nuit à la belle saison, quand on laisse volontiers les fenêtres ouvertes: on a beau aimer l’odeur du chèvrefeuille, à forte dose elle peut devenir insupportable.
 

En photos

Les bulbes du glaïeul d’Abyssinie produisent en fin d’été de grandes fleurs très parfumées.
 
La giroflée au parfum d’œillet peut être cultivée plusieurs années en pot.
 
Certains tabacs sont très odorants, mais leur parfum ne se développe que le soir.
 
© Photos Isabelle Erne
 

 

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