Sommaire de l'édition Terre&Nature de cette semaine
Plantez des potées très nature

Au jardin, favoriser les espèces végétales locales devrait être une évidence, puisque c’est tout à l’avantage du jardinier, aussi bien que de la nature.
Mais au balcon ou sur la terrasse, la question se pose un peu différemment. D’une part, le manque de place fait qu’on préfère y cultiver uniquement des plantes spectaculaires et longuement décoratives; on peut certes y envisager quelques fleurs discrètes à admirer de près, mais pas si le spectacle se limite à des potées plus ou moins vides onze mois sur douze! D’autre part, et pour la même raison, on ne tient pas particulièrement à y favoriser la présence de bestioles dévorant feuillages et boutons. Car ce qui passe facilement inaperçu au jardin (avant d’y trouver le plus souvent une solution naturelle) s’avère bien plus gênant au balcon, trop exigu pour qu’on puisse y rêver d’équilibre écologique.
Choix longue durée
En pratique, la plupart des vivaces et annuelles «de jardin», indigènes ou non, peuvent être cultivées en pots – de préférence dans un mélange de bonne terre de jardin et de compost, ou dans un terreau pour potées.
Toutefois, rares sont celles capables de fleurir des mois durant et de rivaliser, à cet égard, avec les pélargoniums, fuchsias et autres «saisonnières» usuelles. Mieux vaut donc les sélectionner pour un ensemble de qualités plutôt que pour leur seule floraison, en tenant compte également d’un feuillage aromatique, persistant et/ou décoratif, d’une fructification intéressante.
Parmi les meilleures espèces indigènes pour la culture en pot (mais elles conviennent aussi très bien au jardin!), nous vous recommandons les plantes ci-dessous. Bon à savoir: la plupart s’avèrent plutôt résistantes à la sécheresse et tolèrent un oubli d’arrosage: mieux vaut se montrer oublieux que trop généreux.
Bien choisies, les espèces locales se révèlent au moins aussi attrayantes que les vedettes habituelles des balcons. Avec un immense avantage sur ces dernières: elles restent dehors en hiver! Avec elles en effet, pas besoin d’installer une serre ou d’encombrer le garage avec des potées six mois par année. Mieux encore: certaines de nos sauvageonnes sont au sommet de leur beauté à la «mauvaise» saison. De sorte qu’en les assortissant judicieusement, on peut avoir un balcon intéressant toute l’année.
Isabelle Erne
Terre&Nature, le 26 février 2009

4 vivaces et bisannuelles parfaites en caissettes
OriganLe feuillage aromatique de cette vivace des prairies forme un coussinet que l’on peut tailler à volonté… sauf lorsqu’on souhaite bénéficier du spectacle des petites fleurs rose pourpré, qui se renouvellent durant une bonne partie de l’été et plaisent aux insectes friands de nectar.
Exposition: Mi-ombre ou soleil.
Atouts supplémentaires: Utilisation comme condimentaire
Grande astranceCette vivace est une star horticole grâce à son feuillage découpé et à ses gracieuses inflorescences étoilées, colorées de blanc, de vert et de rose qui apparaissent avant l’été et durent plusieurs semaines.
Exposition: Ombre, mi-ombre, voire soleil en sol frais.
Atouts supplémentaires: Il existe des cultivars à feuillage panaché ou à inflorescences plus colorées.
BugleVivace volontiers proposée par les horticulteurs comme plante couvre-sol, généralement sous forme de cultivars à feuillage coloré, pourpré ou panaché de crème. Mais la version sauvage, à fleurs d’un beau bleu pur ou, plus rarement, blanches, fait aussi bien l’affaire.
Exposition: Ombre à soleil.
Atouts supplémentaires: Floraison printanière compacte et prolongée.
Géranium herbe-à-RobertPlutôt bisannuelle, se distinguant par la finesse de son feuillage très découpé. Les fleurs roses (il existe un cultivar blanc) se succèdent durant toute la belle saison. La plante peut prendre des dimensions imposantes (60 cm).
Exposition: Ombre, mi-ombre et soleil non brûlant.
Atouts supplémentaires: Persiste partiellement en hiver. L’espèce est aromatique.
Où les trouver?
· Les pépiniéristes spécialisés en plantes vivaces, comme Xavier Allemann, ainsi que les grandes jardineries, comptent aussi des espèces indigènes dans leurs assortiments, le plus souvent sous forme de cultivars – c’est-à-dire de variétés sélectionnées, dotées de caractéristiques différant de l’espèce-type. Ces cultivars s’avèrent parfois plus intéressants pour la culture en potées, que ce soit pour le choix des couleurs ou une floraison plus prolongée.
· D’un point de vue écologique, le mieux – surtout au jardin – est d’employer des plantes locales. La méthode la plus simple consiste évidemment à laisser une chance aux plantes spontanées, qui arrivent toutes seules dans le jardin! Mais on peut aussi repérer dans la nature les sujets intéressants en fleurs, puis en prélever des graines pour les semer en godets. Il faut, bien sûr, éviter les espèces protégées, mais la plupart des plantes communes n’en font pas partie. Dans un peuplement important, on peut aussi envisager de prélever directement un plant, avec l’accord du propriétaire du terrain s’entend.










