Sommaire de l'édition Terre&Nature de cette semaine
S'équiper pour jardiner au balcon
Balcons&Terrasses

Outils à main, produits de traitement, terreaux spécifiques, engrais en tous genres, systèmes de palissage, bacs à réserve d’eau, testeurs de pH ou d’humidité, pots de tous styles, de toutes formes et de toutes matières… Pour le jardinier de balcon, les jardineries sont de véritables cavernes d’Ali Baba. Mais si beaucoup de ces produits sont utiles, tous ne sont pas forcément indispensables. En fait, outillage et matériel de base peuvent tenir, sur le balcon, dans une petite caisse – et, dans le coffre de la voiture, laisser un maximum de place aux plantes!
Isabelle Erne
Terre&Nature le 21 avril 2011
La matériel indispensable
Le terreau
Telle quelle, la terre du jardin ne convient pas pour les potées: il faut la mélanger à du sable et du compost, ou alors employer un terreau, plus perméable et plus léger. Agrumes, plantes aromatiques, «géraniums», palmiers, succulentes ou rosiers, il existe des substrats adaptés pour quasi chaque catégorie de plantes. Mais à moins d’avoir beaucoup de place de stockage à disposition, vous pouvez simplifier en employant, pour la plupart des plantes, un bon terreau pour potées. Evitez en revanche les terreaux universels premier prix, composés essentiellement de tourbe: non seulement l’exploitation des tourbières est regrettable, mais ce matériau manque de consistance et, une fois desséché, se réhydrate difficilement.
L'engrais
Pour se développer correctement, les plantes ont besoin de certains éléments - qui sont certes présents dans un bon terreau neuf, mais doivent être renouvelés ensuite. Des apports d’engrais sont donc indispensables. Inutile cependant de jongler avec de multiples produits. Si vous cultivez plutôt des grands bacs d’arbustes et de vivaces, ou des légumes, optez pour du fumier composté, vendu en sacs comme le terreau; mélangez au terreau de plantation ou faites un apport chaque printemps, en l’incorporant à la surface du terreau. Pour les plantes saisonnières et les potées fleuries, choisissez en engrais retard, type osmocote, en granulés; à ajouter au terreau à la plantation (on peut alors aussi employer des «dés» de granulés), à mélanger à la couche superficielle du substrat au printemps pour les potées de vivaces.
Des liens et tuteurs
La plupart des plantes tiennent très bien toutes seules. Mais les grimpantes et les grandes herbacées, comme les dahlias ou les tomates, ont besoin de supports. Simple, efficace et bon marché: le tipi à 3, 4, 5 montants ou davantage, réalisé avec des bambous (ou des branches bien droites récupérées lors de la taille, au jardin) fichés en terre sur le pourtour du pot et attachés ensemble à leur sommet. Pour fixer les tiges à leur support, employer du raphia synthétique, du lien tuyau ou, plus discret, du fil de fer fin gainé de mousse.
Les pots
Le choix des contenants est à effectuer selon ses goûts, bien sûr, mais aussi avec un brin de bon sens. Les récipients doivent être percés (drainage), et leur forme permettre un dépotage facile (plantes pérennes). Visuellement, mais aussi pour que la terre ne dessèche pas trop vite, le volume de la plante devrait représenter grosso modo une à trois fois celui du pot. Il est préférable d’éviter les contenants en métal, ou d’une teinte très sombre, surtout à exposition plein sud: le substrat risque de s’échauffer exagérément. S’il s’agit de plantes à déplacer pour l’hivernage, on préférera des pots légers (plastique), quitte à les glisser dans d’autres pots plus décoratifs pour l’été (éviter dans ce cas les cache-pots étanches).
Les trois outils de base
Le transplantoir
Cette petite pelle à main permet de transvaser granulés d’argile ou compost, de remplir les jardinières de terreau, de mettre en place les plantules, de dégager la motte d’une plante à supprimer, de gratouiller la surface des potées… Choisissez-la solide, avec une pelle et un col de cygne en acier, un manche en bois rond: vous n’aurez jamais besoin d’en changer, même si vous l’employez aussi au jardin.
Le sécateur
Au balcon, on a plus souvent besoin de couper avec précision que d’effectuer de grosses tailles. Optez donc pour un sécateur à lames croisantes; un modèle de qualité est quasi increvable… alors que les produits premier prix tiennent rarement la route, surtout s’ils officient également au jardin. Des ciseaux de jardin, qui permettent de couper avec netteté des tissus tendres, s’avèrent utiles également en jardin d’intérieur.
L’arrosoir
Inutile d’encombrer le balcon avec un grand modèle: si vous n’entendez cultiver que quelques potées, un arrosoir d’un à deux litres suffit (il conviendra aussi au jardinage intérieur); avec une dizaine de plantes ou davantage, on optera plutôt pour un modèle de taille moyenne (3 à 5 litres). Si possible, testez-le avant l’achat… histoire de vérifier qu’il est aisé à remplir, qu’il ne bascule pas facilement (surtout plein…), et qu’il permet d’arroser avec précision!
© Photos Isabelle Erne/Olivier Born/Jean-Claude Curchod

Quels produits de traitement acheter ?
Il existe des pesticides contre à peu près tous les ravageurs imaginables. Inutile de vous munir par avance de toute une panoplie, il n’est que rarement nécessaire de traiter les plantations de balcon. Les parasites les plus fréquents sont les pucerons; le cas échéant, employez une solution de savon noir. En cas d’attaque de mouches blanches, une solution à la fois efficace et écologique consiste à rabattre sévèrement la plante; traitez ce qui reste au savon noir. Contre les cochenilles – mais c’est aussi efficace contre les gêneurs précédents – employez un insecticide systémique (passant par la sève). Enfin, si les hannetons des jardins sont nombreux aux alentours, il est prudent de traiter les potées en automne contre les vers blancs (insecticide spécifique à employer en arrosage).
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