Les hoyas offrent le plein d’étoiles

Hoyas serpens © Isabelle Erne
 

Leurs longues pousses, qui au naturel grimpent ou se faufilent dans la végétation environnante, portent des feuillages plus ou moins succulents. D’aspect graphique, parfois tachetés, ces feuillages sont par eux-mêmes décoratifs: à cet égard, les hoyas valent largement la plupart de nos habituelles «plantes vertes». Mais contrairement à ces dernières, ils sont aussi capables de fleurir régulièrement en intérieur. Et offrent alors les plus délicieuses corolles qu’on puisse imaginer: le plus souvent groupées en bouquets, de teintes très diverses selon les espèces, ces fleurs dessinent des étoiles doubles, aux coloris parfois contrastés, aux textures étonnantes, les unes comme hérissées de givre, les autres parfaitement lisses, charnues et pourtant d’une finesse translucide…
Leur surnom de «fleur de porcelaine» dit bien cette beauté délicate. Mais il ne doit pas faire croire que ces plantes sont de nature fragile, et leur culture réservée aux experts! En fait, les hoyas s’avèrent remarquablement solides et durables en appartement… pourvu qu’on leur épargne les excès d’eau.

Hoya carnosa, le roi
S’il existe plus de 200 espèces de hoyas, seules quelques-unes sont régulièrement proposées comme plantes d’intérieur. L’une des plus courantes, Hoya carnosa, est aussi la plus facile à cultiver, et la plus vigoureuse. Lorsqu’un emplacement lui convient, elle est en effet capable d’allonger des tiges de plusieurs mètres de long, qui s’enroulent d’elles-mêmes autour de tout tuteur à leur portée. Ovales et épaisses, plus grandes que chez les autres espèces usuelles, les feuilles sont d’un vert sombre irrégulièrement moucheté de blanc argenté, lisses et vernissées sur leur face supérieure, mates et veloutées au revers. Les fleurs offrent un coloris variant du crème au rose et un parfum très fort (surtout le soir), aux notes variables également; elles sont groupées en bouquets compacts demi-sphériques.
A noter qu’à côté du Hoya carnosa originel on trouve couramment deux cultivars, l’un à feuilles panachées de crème et de rose, ‘Variegata’, l’autre à feuillage crispé, ‘Compacta’. Ils s’avèrent généralement moins poussants et moins florifères que le type.

Hoya bella, à essayer aussi
Egalement proposé couramment, Hoya bella s’avère plus délicat à cultiver, exigeant une ambiance plutôt humide et supportant mal les écarts en matière d’arrosage. Mais cette espèce récompense les attentions de son jardinier en lui offrant régulièrement une floraison généreuse, en ombelles plates comptant usuellement une dizaine de corolles. Les étoiles centrales, vieux rose, ressortent admirablement sur les extérieurs, d’un blanc bleuté. Hors floraison, la plante garde un aspect particulier avec ses longues branches fines fichées de feuilles menues en losange.
D’autres hoyas encore sont parfois proposés en jardineries, souvent sans précisions quant à l’espèce. Hoya serpens, aux petites feuilles arrondies, colore ses étoiles délicatement frangées de jaune-vert; Hoya linearis, aux feuilles allongées en aiguilles, montre des fleurs blanches presque rondes; tandis que chez Hoya multiflora, les fleurs vertes et blanches, avec leurs pétales retroussés, jouent la pluie d’étoiles filantes.

Isabelle Erne

Terre&Nature, le 21 janvier 2010
 

L’essentiel pour bien les cultiver

  • Origine: Les plantes du genre Hoya appartiennent à la famille botanique des asclépiadacées – tout comme le jasmin de Madagascar (Stephanotis) ou la chaîne-des-cœurs (Ceropegia), autres plantes parvenant à fleurir en culture d’intérieur
  • Arrosage: Maintenir à peine humide en hiver, arroser modérément durant la période de croissance. Les hoyas ne supportent pas un terreau détrempé.
  • Engrais: Tous les quinze jours, à demi-dose, en période de croissance.
  • Rempotage: Les hoyas se contentent d’un pot de dimensions réduites par rapport à leur développement. En règle générale, un rempotage tous les 3-4 ans est suffisant.
  • Terreau: Terreau usuel pour plantes d’intérieur.
  • Silhouette: Cultiver en suspension ou palisser les longues tiges sur un support.
  • Luminosité: De préférence lumière vive, sans soleil direct. Les hoyas peuvent pousser en situations ombragées, mais n’y fleurissent généralement pas.
  • Estivage: A l’extérieur si possible.
  • Température hivernale: Ils peuvent rester toute l’année à température normale d’un appartement (20 °C), mais leur faire passer l’hiver dans une pièce fraîche (15-16 °C)
  • permet souvent de déclencher la floraison.
  • Où les trouver? Dans les bonnes jardineries, pour les espèces les plus courantes; certains commerces spécialisés, comme Orchidarium à Prangins (VD), proposent un choix de hoyas plus pointu.

 

Un arrosage parfaitement régulier permet de profiter de la floraison gracieuse de Hoya bella.

 

Chez la forme ‘Compacta’, les fleurs un peu crispées exhalent un parfum de cacao.

© Photos Isabelle Erne

bonasavoir.png
 

Les fleurs de mon hoya sont couvertes de «gouttes» collantes. Ma plante est-elle malade?
Nullement: il s’agit simplement du nectar produit par les fleurs. Ce phénomène, particulièrement spectaculaire chez certains hoyas, est tout à fait normal.
La seule précaution à prendre est d’éviter de poser ces plantes sur un meuble précieux, ou de protéger le sol au-dessous des tiges si elles portent de nombreuses fleurs.
 

On dit qu’il ne faut pas couper les tiges des hoyas une fois les fleurs fanées, est-ce vrai?
Beaucoup de hoyas fleurissent à de multiples reprises sur les mêmes pédoncules floraux – une dizaine de floraisons, déjà, pour celui-ci (notre photo). Il ne faut donc surtout pas couper ces pédoncules après la floraison. Ils sont d’ailleurs discrets, et absolument pas gênants d’un point de vue esthétique.
 

 
Mon hoya fleurit, mais ne fait pas de graines. Comment alors le multiplier?
Les hoyas se multiplient assez facilement par marcottage ou par boutures de tiges, la méthode la plus simple consistant à faire raciner ces tiges dans un verre d’eau (ajouter un petit morceau de charbon de bois). Cette technique réussit régulièrement, mais il faut de la patience: les boutures mettent souvent plusieurs mois avant de se décider à faire des racines. Une fois celles-ci bien développées, on empote en petits pots, ou en hydroculture.
 
 
 
© Photos Isabelle Erne

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