Sommaire de l'édition Terre&Nature de cette semaine
Travaux de septembre à février

SEPTEMBRE
• SEMIS
Durant la première quinzaine, on sème en place: navet «blanc dur d’hiver» à consommer pendant la saison froide; oignons hâtif de Paris à consommer frais en mai; chou hâtif (cœur de bœuf, express), à repiquer fin octobre et récolter en mai-juin; mâche; derniers radis.
Deuxième quinzaine, semer en place: mâche, entre les poireaux et les choux d’hiver; persil et cerfeuil; en terrain protégé, une variété d’épinard résistant au froid (à récolter dès avril); seigle sur les parcelles libres, comme engrais vert.
• PLANTATION
Fraisiers.
• SOINS
A part le désherbage (de nombreuses herbes indésirables veulent monter à graines!), rien de particulier en cette période. Les déchets seront mis en tas pour confectionner un bon compost d’automne.
• RÉCOLTES
Septembre est le grand mois des récoltes dont le rythme s’accélère: confectionner des conserves et confitures
Préparer la cave à recevoir tous les fruits et légumes de garde à récolter et rentrer au fur et à mesure de leur maturation.
• SOUS LA VERRIÈRE
Semer des laitues d’hiver, des choux-fleurs, des radis.
Retirer progressivement les ombrages et nettoyer le blanc des vitres.
OCTOBRE
• SEMIS
En début de mois, semer en place: engrais vert (seigle et vesce d’hiver), mâche, épinard; repiquer les choux cabus de printemps (cœur de bœuf, express), les poireaux (récolte «baguettes» en fin de printemps), les salades d’hiver et de printemps (endive, laitue d’hiver).
• PLANTATION
A partir du 15: Planter les oignons blancs de Vaugirard ou de Paris, qui se récoltent en juin suivant.
• SOINS
Moment propice pour épandre du compost ou du fumier partout où la terre est libre.
Labourer et fumer les planches qui doivent l’être.
Rentrer – après les avoir bien nettoyés – les outils qui ne serviront plus avant le printemps.
Avant la fin du mois, faire un compost avec les produits du nettoyage des plates-bandes et du potager, plus l’herbe des dernières tontes, mêlés aux déchets en attente accumulés depuis l’été
• RÉCOLTES
La plupart des légumes récoltés devront être conservés d’une façon ou d’une autre. C’est le cas notamment des courges et potirons, à rentrer impérativement avant les premiers gels. Récolter les légumes-racines à abriter du froid en cave ou en jauge. Mettre à blanchir les cardons.
• SOUS LA VERRIÈRE
Semer choux précoces, laitues d’hiver et de printemps.
Achever le nettoyage des vitres; préparer les isolations contre le froid; vérifier s’il y a lieu l’installation de chauffage.
NOVEMBRE
Bien qu’il se situe au cœur de l’automne, novembre nous fait l’effet d’un mois hivernal. Brumeux, humide, sombre, il ouvre la porte à la morte-saison, interrompt les cultures, comprime les humeurs.
• PLANTATION
Laitues et choux de printemps, ainsi que l’ail (rose) et l’oignon en terres légères.
Arracher les racines d’endives pour les forcer en cave.
• SOINS
Nettoyer les asperges, protéger les artichauts.
Fumer le potager (engrais de fond).
Enfouir les engrais verts (phacélie, moutarde) et la fumure de fond (poudres de cornes, d’os ou de roches, phosphates naturels, fumier ou compost peu décomposés, cendres).
bourrer et fumer les planches qui doivent l’être (en terres argileuses).
Couvrir le sol (voir ci-contre); songer à se prémunir contre le gel.
Nettoyer et ranger – après les avoir bien nettoyés – les outils qui ne serviront plus avant le printemps.
• RÉCOLTES
Les légumes récoltés doivent être conservés d’une façon ou d’une autre.
Achever les récoltes des betteraves rouges (jusqu’au 15). Récolter: cardon, carottes, chicorées (scarole, sauvage), choux (brocoli, de Bruxelles, frisé, pommé), chou-fleur, chou-navet, courges et potirons (à rentrer impérativement avant les premiers gels), épinard, fenouil, mâche, navet, panais, poireaux, poirée, salsifis, topinambours.
• SOUS LA VERRIÈRE
Arracher les plants inutiles à mesure des dernières récoltes (aubergines, tomates…).
Installer les protections contre le gel.
Rentrer des pots de plantes aromatiques.
Mettre des endives au forçage.
Semer laitues de printemps et oignons.
Penser à aérer chaque fois que la chose est possible, surtout lors des journées ensoleillées.
DÉCEMBRE
Remarque préliminaire: n’effectuer aucune activité par temps de gel.
• SOINS
En terre lourde, achever le labour à grosses mottes des carreaux de culture.
Ranger tous les outils, non sans les avoir nettoyés.
Donner à réviser ceux qui le réclament.
Contrôler les aménagements extérieurs (cheminements, murets, escaliers, etc.).
Ne pas oublier la purge des conduites d’eau.
• RÉCOLTES
Couvrir le sol de feuilles mortes là où l’on veut pouvoir récolter (carottes, choux à tondre, brocoli et de Bruxelles, épinard, mâche, panais, poireaux, topinambours).
Contrôler régulièrement l’état des récoltes mises en jauge ou en cave (gare aux rongeurs).
Récolter avant le début de l’hiver: cardon, chicorées (scarole, sauvage), choux (frisé, pommé), chou-fleur, navet, poirée, salsifis.
•SOUS LA VERRIÈRE
Nettoyer soigneusement les vitres ainsi que les installations et les récipients.
Installer les protections contre le gel.
Cacher le sol en incorporant compost ou fumier mûr.
Commander les graines et les plantons pour la saison à venir.
JANVIER
Le jardin se repose…
• SOINS
Planifier les cultures prévues pour la saison à venir.
Contrôler et mettre à jour l’approvisionnement de graines à semer durant l’année.
RÉCOLTES
Chou de Bruxelles, chou frisé à tondre, crosne, mâche, poireau, salsifis, topinambour.
Surveiller l’état des légumes de garde conservés en cave ou silos.
• SOUS LA VERRIÈRE
Qui dispose d’une couche à fond chauffant peut semer des carottes, des radis et des laitues (à repiquer ensuite sous châssis), ainsi que repiquer des choux-fleurs.
Semer aussi des tomates précoces à forcer dans la serre. Achever les commandes de graines, de plantons et de matériel éventuel.
FÉVRIER
• SEMIS
A partir du 15, semer carottes et radis (sous châssis), fèves, pois à grains ronds (recouvrir d’un voile non tissé).
• PLANTATION
Ail rose, oignons de couleur, échalote.
• SOINS
Nous mettrons en pratique le jardinage sans labour. Laisser dès lors encore reposer le sol.
Contrôler l’outillage, réparer ou remplacer si nécessaire. Epandre compost, fumier mûr, engrais de fond, cendres (apport de phosphore et potasse).
Si le temps se radoucit, les premières limaces peuvent se montrer: à détruire…
Planifier les cultures prévues pour la saison à venir.
Contrôler et mettre à jour l’approvisionnement de graines à semer durant l’année.
• RÉCOLTES
Chou de Bruxelles, chou frisé à tondre, crosne, mâche, poireau, salsifis, topinambour
Surveiller l’état des légumes de garde conservés en cave ou silos.
• SOUS LA VERRIÈRE
Semer au chaud (miniserre) artichauts, aubergines, gombos, tomates, poivrons, piments.
Rentrer quelques plants de fraisiers en pots, à forcer.
Semer sur couche chauffante des choux-fleurs, carottes, navets, radis, laitues.
Alain Mermoud
Terre&Nature, le 30 août 2007

Le temps des labours
Or ces organismes accomplissent différentes tâches selon leurs espèces, réparties par étages dans le sol. En inversant l’ordre de ces étages, on désorganise complètement ce fonctionnement naturel, au détriment de la santé du terrain dont dépend celle des végétaux qui vont y pousser.
Et en plus, une fois sur deux, on se casse le dos!
Il y a pourtant mieux à faire! De nombreux agriculteurs de par le monde cultivent leur terre avec succès sans la retourner. Au jardin, où le sol n’est pas compacté par de lourdes machines agricoles, c’est encore bien plus faisable.
Précieuse couverture
Rappelons que les terres sauvages couvertes de végétation et de déchets organiques sont constamment travaillées en profondeur par des myriades d’animalcules qui décomposent, enfouissent, puis digèrent ces déchets, maintiennent la légèreté du sol, œuvrent à son équilibre, garantissant sa fertilité constante. De même, toute terre cultivable produit et conserve spontanément les conditions de sa fertilité tant que sa surface est couverte. Au jardin, une utilisation adéquate de la couverture du sol non seulement produit de belles plantes, mais encore empêche la croissance d’herbes indésirables, tout en favorisant la vie du sol qui garantit son aération et son enrichissement.Sur une terre déjà travaillée, la pratique se résume à étaler une bonne couche de déchets végétaux (paille, foin, ou autres détritus hachés) à l’automne. Le sous-sol sera ainsi travaillé en profondeur pendant tout l’hiver – les micro-organismes ne dorment jamais! Le printemps venu, il n’y a plus qu’à planter les végétaux à repiquer dans le sol friable et renouveler le paillage du sol (avec les tontes du gazon par exemple). Pour les semis, recouvrir la surface (dégagée des restes du paillage) d’une couche de compost fin et bien mûr, qui recevra les graines et sera recouvert à son tour d’un paillage fin (tonte de gazon, paillette de lin, écorce de cacao) lorsque les plantules sont assez fortes.
Cette méthode ne présente que des avantages: travail réduit toute l’année (par absence de labour, mais aussi réduction du désherbage, du sarclage, du bêchage). En outre, elle respecte et favorise le déroulement du cycle naturel (en recyclant sur place les déchets maison); elle réduit l’évaporation, donc les arrosages; elle maintient la vie et la fertilité du sol à son niveau optimum.
Astuce: Pour protéger le sol
Car parmi les denrées courantes dont on ne sait souvent que faire la tonte de gazon (pour autant que celui-ci ne soit pas gazé de désherbant) constitue un excellent couvre sol.
Après avoir tondu, laisser l’herbe sécher pendant quelques jours en petits tas pour éviter la fermentation. Recouvrir ensuite les sols nus d’une couche épaisse de 5 cm.
Le compost ou le fumier, posés en couches de 5 à 8 cm enrichissent la terre en plus de la protéger.
Les écorces de pin ou d’épicéa qui proviennent des restes de bois débités dans les scieries acidifient légèrement le sol.
Plus légers que les précédents, les coques de cacao et le paillis de lin sont également efficaces mais risquent de s’envoler sous les effets du vent.
Prévisions et achats
Une fois ces vérifications achevées, reste à compléter l’approvisionnement et à choisir des nouveautés s’il y a lieu. Il vaut la peine de feuilleter plusieurs catalogues si l’on désire sortir quelque peu des sentiers battus. On se tiendra également à l’affût des foires et autres manifestations horticoles où se présentent souvent des fournisseurs indépendants offrant des listes originales. Rappelons enfin que les petits magasins de produits agricoles et horticoles renferment souvent des variétés inattendues. Il convient donc de musarder un peu.
Il est recommandé de n’acheter que des semences de qualité et de fraîcheur garanties, et pas plus qu’il n’en faut pour l’année. Mais comme on les utilise rarement toutes, on veillera à ne pas détériorer le sachet qui les contient (conserver notamment l’indication de la date limite), afin de pouvoir bien le refermer. Garder les surplus en un lieu frais, sec et obscur, idéalement dans des bocaux en verre avec couvercle hermétique; éviter les tiroirs ou rayonnages en bois aggloméré, car certaines colles stérilisent les semences.










