Sommaire de l'édition Terre&Nature de cette semaine
Débuter avec des plantes vertes

Trois facteurs principaux conditionnent la culture des plantes «d’intérieur»: la lumière, la température et l’hygrométrie. En règle générale, dans nos appartements – surtout durant l’hiver – la luminosité est plutôt trop faible, l’hygrométrie plutôt trop basse et les températures plutôt trop élevées. Le cas échéant, des mesures simples permettent cependant d’y améliorer les conditions de vie des végétaux: éviter les voilages et rideaux (sauf plein sud) et placer les plantes dans l’axe des fenêtres, au maximum à 1,50 mètre de distance de ces dernières; abaisser le thermostat (22 degrés grand maximum), ce qui se traduira automatiquement par une augmentation de l’hygrométrie (qui devrait atteindre au moins 50%). Dans de telles conditions, si l’on dose correctement l’arrosage, les espèces solides donnent à coup sûr de bons résultats. Quelles sont ces espèces? Les plantes les plus communes, bien sûr! Celles que l’on voit partout conviennent dans la plupart des intérieurs parce qu’elles sont tolérantes sur les conditions de culture: elles n’ont pas des exigences trop strictes en ce qui concerne l’hygrométrie, la luminosité et la température, et elles supportent les (petits) écarts d’arrosage.
Parmi ces grands classiques, on notera le yucca, le ficus benjamina, le dracéna marginata, la fougère de Boston, l’épipremnum, le Beaucarnea, le gommier (Ficus elastica), la phalangère ou le monstéra. A noter que si elles sont communes, l’effet obtenu ne sera pas forcément banal: la plupart de ces plantes se déclinent en effet en variétés diversement colorées (à feuilles panachées, liserées, ou vert doré). Et elles sont aussi proposées en hydroculture – un mode de culture rassurant pour les débutants qui craignent de ne pas savoir doser les arrosages.
On pourra épicer ce fond de verdure avec quelques espèces fleuries également faciles à cultiver dans l’appartement, comme les saintpaulias ou les phalénopsis. Prudence cependant, car beaucoup d’autres plantes «à fleurs», pourtant fréquemment proposées dans le commerce, s’avèrent plutôt difficiles à conserver en appartement, soit qu’elles sont très exigeantes côté hygrométrie, soit qu’elles ne tolèrent pas le moindre écart d’arrosage, soit encore qu’elles préfèrent des conditions très fraîches. C’est notamment le cas de l’étoile de Noël ou poinsettia (Euphorbia pulcherrima) , du gardénia, des cyclamens, du jasmin des fleuristes, des rosiers miniatures, de bon nombre d’orchidées, des chrysanthèmes, des azalées, des agrumes, des hortensias… Malheureusement, beaucoup d’espèces à feuillage particulièrement remarquable sont elles aussi délicates, comme les Caladium, Fittonia, Pilea, Hypoestes, Calathea ou Maranta. Mais plus tard, la passion venant, ces plantes-là orneront peut-être votre serre…
Isabelle Erne
Terre&Nature, le 9 février 2012
Bon à savoir
Nos conseils de culture
- La grande majorité des plantes «d’intérieur» apprécient les situations lumineuses, mais sans excès de soleil direct: un emplacement proche d’une fenêtre exposée à l’est, à l’ouest ou (avec un léger voilage) au sud est parfait.
- Les excès d’arrosage sont la première cause de mortalité. En règle générale, un arrosage hebdomadaire est suffisant pour les plantes cultivées dans du terreau – leurs pots doivent être percés! Ne redonner de l’eau aux sujets en hydroculture que lorsque la jauge a atteint le niveau minimum.
- Donner de l’engrais en période de croissance (mars-octobre). Les produits typés «plantes d’intérieur» sont généralement très dosés en azote, ce qui n’encourage pas la floraison: on utilisera plutôt un engrais type géraniums ou balcon pour les plantes «à fleurs».
- Hormis pour les jeunes plants, il n’est généralement pas nécessaire de rempoter chaque année. Rempoter (en février-mars) uniquement les sujets visiblement trop grands pour leur pot, ceux dont les racines sortent par le trou de drainage ou dont le terreau a perdu sa substance.
Vos questions - Nos réponses
Est-il utile de vaporiser les plantes?
Un vaporisateur s’avère plus efficace qu’un arrosoir pour humidifier le substrat d’une orchidée. En revanche, il est illusoire de penser compenser de cette manière une hygrométrie insuffisante. Et il ne faut bien sûr pas vaporiser une plante exposée au soleil. Enfin, certaines espèces, notamment à feuillage duveteux (comme les saintpaulias), détestent les vaporisations, qui peuvent les faire pourrir.
Faut-il sortir les plantes «d’intérieur» en été?
Les espèces les plus appropriées à la culture en appartement peuvent très bien y rester toute l’année. Certaines – phalénopsis, saintpaulias – seront même toujours mieux dedans, y compris en été. Un séjour sur le balcon ou au jardin peut cependant s’avérer profitable aux autres, fortifiant en particulier les plantes souffreteuses. Il est cependant indispensable d’habituer progressivement les végétaux «d’intérieur» au soleil, lors de leur sortie (mi-mai), et de les rentrer tôt (septembre). Attention: dehors, il faudra arroser plus fréquemment et plus abondamment!

Le choix de la rédaction
Le matériel indispensable pour des soins appropriés
Les ciseauxPour la majorité des plantes d’intérieur, les travaux de «taille» se limitent à supprimer une tige florale défleurie ou à sectionner une feuille abîmée. Si l’on n’a pas de véritables arbustes ou de plantes à fortes tiges, on peut remplacer l’usuel sécateur par une paire de bons ciseaux de jardin: ils se glissent plus facilement au cœur des plantes et coupent plus nettement les tissus tendres.
L’arrosoir
Si l’on n’a que quelques plantes, un petit arrosoir décoratif d’une contenance de quelques décilitres peut faire l’affaire. Sinon, ou si l’on a aussi des plantes de balcon à la belle saison, préférer un modèle d’environ deux litres. Un long bec permet d’atteindre plus facilement les suspensions ou les pots sur deux rangs. Tester si possible le modèle convoité avant l’achat.
L’hygromètre
Les plantes supportent mal les ambiances sèches, fréquentes dans les appartements bien chauffés. Si la température dépasse couramment 20 degrés en hiver, il est indispensable de contrôler – et si nécessaire corriger – l’hygrométrie. Attention, la zone de confort des plantes est plus élevée que celle des humains! Mieux vaut cultiver les espèces très exigeantes en serre.
Un terreau adapté
Un bon terreau «pour plantes d’intérieur» du commerce convient à la majorité des espèces usuelles. Préférer un produit thermisé, pour éviter d’être envahi de sciarides (moucherons). Pour les espèces redoutant les excès d’eau (plantes grasses, notamment), on y mélangera simplement un peu de sable. Pour les orchidées, employer un terreau spécifique.
© Photos Isabelle Erne










