Sommaire de l'édition Terre&Nature de cette semaine
Un potager sur le balcon
Légumes et plantes aromatiques

En ce mois de mars, Raphaël Pattu sch et Eliana Herrera arrangent leur balcon pour la saison qui commence. «Nous planterons bientôt des tomates cerises, qui poussent facilement et qui mûrissent bien», indique Raphaël, heureux de pouvoir commencer son jardin aérien. Le couple genevois sème en ce moment salades, radis et épinards dans leurs jardinières. Sans oublier la plantation des herbes aromatiques, qui se plaisent particulièrement bien en pot. «Comme notre balcon est spacieux, nous avons aussi planté de la vigne cette année, qui pourra grimper et occuper les zones supérieures», souligne Eliana, Elle se réjouit d’ores et déjà de déguster les délicieux raisins muscats.
Lieu de lecture, de repos ou de grillades, le balcon accueille le plus souvent des fleurs. Mais il est également possible d’y cultiver des légumes et autres plantes comestibles. La culture en pot requiert pourtant une attention particulière. A quoi faut-il penser dans ce cas, et quelles sont les plantes qui croissent bien dans cet environnement confiné? Réponses.
Attention à l’exposition
Y a-t-il du soleil? «Il est indispensable de bien étudier son balcon, avant de commencer à l’aménager», mettent en garde Cédric Blattner et Nicolas Freyre, fondateurs de Createrre, à Genève. Les deux jeunes jardiniers ont l’habitude d’aménager des jardins de toute sorte. «La configuration du balcon et son orientation face au soleil détermineront le choix des cultures.» La plupart des plantes réclament un minimum de quatre heures d’ensoleillement. Les tomates et les poivrons ont besoin de six à huit heures de soleil pour mûrir.
Le choix des bacs
La plupart des légumes peuvent être cultivés sur un balcon, à condition de bien choisir les bacs. Le type de plante déterminera la profondeur de terre nécessaire. Pour les légumes feuilles, une profondeur de 15 ou 20 cm est requise, tandis que pour les tomates, les poivrons, les courgettes et les concombres, Createrre conseille plutôt 30 à 35 cm. «Les pots en terre cuite sont les meilleurs car ils laissent passer l’eau et l’air sans se détériorer. Le plastique est plus léger et moins cher, mais il ne permet pas d’échanges gazeux et peut chauffer beaucoup pendant l’été, précise Cédric Blattner. Le bois est un joli matériau, mais il faut néanmoins l’éviter car il pourrit relativement vite.»
La place étant limitée sur le balcon, le choix des bacs et leur emplacement sont donc primordiaux. Viser la verticalité avec des pots suspendus et des plantes grimpantes. Dans chaque pot, penser à couvrir le fond d’une couche de gravier ou d’autres matériaux, pour permettre un drainage optimal. Recouvrir le tout de terreau de compost. Salades à tondre, épinards, cresson et radis peuvent déjà être semés. Les herbes aromatiques sont aussi à planter maintenant.
Soin de la terre et arrosage
Les plantes en pots disposent de moins de volume de sol qu’en pleine terre et exigent donc des apports d’éléments nutritifs en cours de saison. «Si l’on désire favoriser les produits locaux et limiter l’utilisation de tourbe, le terreau du Nant de Châtillon, vendu en sacs dans les garden-centres, est idéal pour Genève.»
A la différence de la pleine terre, aucun sursis ne sera accordé aux plantes mal arrosées. Le volume de terre étant spécialement réduit, les racines ne peuvent pas coloniser d’autres zones, comme elles le feraient en conditions normales. A l’inverse, un surplus d’arrosage s’avère très vite néfaste et asphyxie les racines. L’observation de la plante indiquera rapidement si elle souffre d’un problème d’irrigation.
Tal Shani
Terre&Nature, le 27 mars 2008
Associer les plantes
Le nombre de pots étant limité sur un balcon, les associations de plantes sont les bienvenues. Par exemple, dans un bac, dès le mois de mai, planter des tomates cerises, du basilic, du persil et des tagètes. Dans un autre bac, semer de l’aneth et repiquer quelques plantons de salades et un plant de concombres. Les pots suspendus sont aussi propices à accueillir les courgettes et les concombres. D’autres associations favorables peuvent être trouvées dans la littérature spécialisée. La vigne, quant à elle, s’accommode bien d’un coin ensoleillé, s’accrochant à une treille posée à cet effet.

+ d'infos
Le poireau préfère les fraises, H. Wagner, Editions Terre vivante. Cet ouvrage traite des associations de plantes










