La vision des chiens diffère sensiblement de la nôtre. Quelles conséquences cela a-t-il dans nos relations avec eux? Explications.
Traces dans la neige: apprenez à les reconnaître

Qui ne s’est pas déjà retrouvé devant des empreintes laissées dans la neige par un animal sauvage, que ce soit en plaine ou en montagne, sans savoir à quelle espèce elles appartiennent? Pourtant, les reconnaître n’est pas si difficile. Pour vous aider, nous avons sélectionné onze empreintes d’animaux, pour la plupart bien représentés en Suisse romande.
FOUINE
La fouine est un petit carnivore qui mesure 50 cm de long pour un poids n’excédant généralement pas 2 kg. Dans la neige épaisse, le pied laisse la marque assez nette des pelotes digitales au fond de l’empreinte. Ses traces sont visibles aux abords des granges et des fermes, mais aussi en pleine ville. Comme la belette, l’hermine et la martre, la fouine n’hiberne pas. On peut donc observer couramment les indices de sa présence dans la neige. A noter: l’empreinte du mâle (3 cm de long et autant de large) est toujours plus grande que celle de la femelle.
RENARD
Fines et pointues, les empreintes du renard mesurent 4 à 5 cm de long et 4,5 cm de large. Elles se caractérisent par la présence de quatre griffes (placé trop haut, le cinquième doigt du renard ne marque jamais). Lorsque la neige est abondante, il arrive que le renard s’appuie plusieurs fois dans les mêmes empreintes afin d’économiser de l’énergie. Il adopte également des allures différentes, ce qui ajoute à la difficulté d’identifier les traces de son passage.
CHAMOIS
Le chamois se déplace la plupart du temps au pas. En cas de danger, il peut effectuer des sauts longs et rapides. La marque des sabots est généralement nette et large, ce qui rend l’empreinte des chamois assez facilement reconnaissable. Celle-ci mesure de 5 à 6 cm de long pour 3 à 4 cm de large.
CHEVREUIL
Chez le chevreuil, la marque des sabots est allongée et étroite. L’empreinte du pied est très semblable à celle du mouton domestique, mais elle est un peu moins large. Autre truc pour les différencier: les pinces du chevreuil sont nettement moins pointues. Au pas, le sabot postérieur de l’animal vient se poser dans l’antérieur. Ses bonds peuvent atteindre 4 m de longueur. Les pinces apparaissent alors très écartées.
ÉCUREUIL
Les traces de l’écureuil ne sont visibles que sur la neige ou sur les sols boueux. La patte postérieure possède cinq doigts, longs et fins, pourvus de griffes dont la marque est bien nette. Trop bref, le pouce n’apparaît pas dans l’empreinte antérieure. L’empreinte mesure environ 4 cm de long pour 2 cm de large. A terre, l’écureuil se déplace par bonds successifs. Ses empreintes sont toujours groupées et sont généralement visibles au pied des arbres. Aussi quand vous traversez des forêts, des bocages ou tout simplement un jardin public, pensez à ouvrir l’œil!
LOUP
Avant de crier au loup devant une empreinte, examinez-la attentivement. Il pourrait bien s’agir de celle d’un grand berger allemand. Pour éviter de se tromper, il faut savoir que les pelotes digitales du loup sont plus allongées et moins rapprochées. De plus, les marques laissées par les griffes sont plus longues et plus pointues que celles du chien. Les empreintes peuvent atteindre 10 cm. Présent surtout à travers l’arc alpin et dans les Préalpes, le loup est un animal qu’on aperçoit très rarement en plaine, bien qu’il y fasse parfois des incursions remarquées.
BLAIREAU
L’hiver, le blaireau réduit considérablement ses activités, ce qui en fait un animal difficile à observer à cette période. Il laisse pourtant derrière lui des empreintes aux détails bien visibles. Représentant typique de la famille des plantigrades, le blaireau possède des pattes de cinq doigts, terminées par de grandes griffes. On dit d’ailleurs que ses empreintes (larges de près de 5 cm) ressemblent à celles d’un ours, toutes proportions gardées! Ses cinq pelotes digitales sont très rapprochées et presque alignées, ce qui rend ses traces encore plus facilement reconnaissables. Le blaireau partageant son terrier avec le renard, il n’est pas rare de voir leurs traces aux mêmes endroits.
LIÈVRE
L’empreinte du lièvre ressemble à celle de son cousin le lapin. La patte antérieure mesure 5 cm de long et 3 cm de large. La patte postérieure mesure entre 7 et 11 cm de longueur pour 3,5 cm de largeur. La marque des pelotes n’apparaît pas de façon très distincte car l’épaisse couche de poils qui évite au lièvre de glisser lorsqu’il bondit de côté donne aux empreintes une allure feutrée.
BOUQUETIN
La marque des sabots est plus longue et plus large que celle des chamois. Les pinces sont légèrement recourbées vers l’avant. La marque mesure de 6 à 9 cm de long pour 5 à 6 cm de large. Si le bouquetin est un animal solitaire, les regroupements de 20 à 30 individus ne sont pas rares en hiver. A cette saison, l’espèce est présente sur les versants orientés au sud et dans les couloirs abrupts, où la neige fond plus vite.
SANGLIER
Le sanglier est un mammifère imposant qui peut peser jusqu’à 300 kg. Malgré tous les dégâts qu’il cause aux cultures et dans les champs, c’est un animal très discret et essentiellement nocturne. On trouve ses empreintes près des mares, sur des chemins forestiers ou en bordure de champs et de prairies. En marche tranquille, les pas postérieurs et antérieurs ont tendance à se confondre et s’orientent vers l’extérieur. Idem au galop, avec des empreintes distinctes et les pinces des sabots plus écartées. A l’exception des vieux mâles qui sont parfois solitaires, les sangliers vivent en groupe. La terre retournée est un autre indice de leur présence, beaucoup plus facile à reconnaître que les empreintes de pas.
LYNX
Le lynx, dont l’empreinte est au centre de cette page, laisse des traces semblables à celles du chat domestique, sauf qu’elles sont deux à trois fois plus grandes. En marche, la longueur de son pas ne dépasse pas 80 cm. Lorsqu’il galope, la foulée s’allonge jusqu’à 1,50 m. Ses empreintes mesurent 6 cm de long pour 7 cm de large. Si ses traces s’interrompent dans la neige, continuez à chercher. Elles ne sont peut-être pas loin. Le lynx peut en effet franchir jusqu’à 7 m d’un seul bond!
Document à télécharger
Texte Alexander Zelenka, dessins Gilles Calza
Terre&Nature, le 19 février 2009 et le 12 janvier 2012

L'avis de l'expert
Où a-t-on le plus de chances d’apercevoir des traces d’animaux? «Certains animaux étant actifs la nuit, l’idéal est de chercher leurs traces le lendemain, si possible juste après une chute de neige, conseille François Turrian, directeur de l'ASPO/Birdlife (photo Olivier Born). Le matin et le soir, la lumière rasante met davantage en évidence les traces.»
«Il ne faut pas qu’elle soit trop poudreuse. Les traces d’animaux sont bien visibles sur la neige molle, ou alors lorsqu’une fine pellicule neigeuse s’est déposée sur une surface dure ou verglacée.»
«On confond très facilement les empreintes de chien avec celles du renard, voire avec celles du lynx. Il est également difficile de différencier les empreintes des ongulés comme le sanglier, le chamois et le cerf, de même que celles de la fouine et de la martre.»
Quelques conseils supplémentaires
Si jouer les détectives animaliers est très ludique, il faut prendre garde à ne pas remonter trop loin les pistes découvertes. «En hiver, les animaux ont plus que jamais besoin de tranquillité, rappelle Jacques Morel.
Excursions guidées par des naturalistes
Les Naturalistes Romands organisent des excursions en raquettes à La Givrine (VD) pour apprendre à reconnaître les traces d’animaux dans la neige.
Renseignements et inscriptions: Naturalistes Romands, tél. 022 788 78 26. www.naturalistes-romands.ch
Pro Natura Genève propose également des sorties à La Givrine sur le même thème. Renseignements et inscriptions: Pro Natura Genève, tél. 022 311 10 10. www.pronatura.ch
L’association naturaliste genevoise La Libellule propose sur demande pour des groupes de 8 à 12 personnes des excursions guidées pour apprendre à lire les traces d’animaux dans la neige. Renseignements: La Libellule, tél. 022 732 37 76. www.lalibellule.ch
A lire
«Les traces d’animaux: 100 vertébrés dans votre poche», Editions Delachaux et Niestlé, 96 pages.
«Guides des traces d’animaux», Editions Delachaux et Niestlé, 264 pages.










