La vision des chiens diffère sensiblement de la nôtre. Quelles conséquences cela a-t-il dans nos relations avec eux? Explications.
Désormais sauvé, le Haras national suisse se réorganise

Stefan Rieder, le Haras national suisse est-il hors de danger?
Oui, il est clairement sauvé. Aucun signe ne montre qu’il va disparaître à court terme. Par contre, nous devons réfléchir aux prestations qui doivent être fournies par une institution de l’Etat. La recherche fait désormais clairement partie de nos tâches. En revanche, certains services appartenant au secteur privé doivent être abandonnés. Nous avions par exemple mis en place une formation d’une journée destinée aux détenteurs de chevaux, reconnue par l’Office vétérinaire fédéral. Depuis, de nombreuses institutions privées ont également été accréditées. Il n’apparaît donc plus indispensable que le haras fournisse une telle prestation, car en tant qu’institution publique, nous ne voulons pas concurrencer les privés.
Quels changements ont été opérés depuis votre entrée en fonction?
La modification majeure est liée à l’organisation de toute la structure. Désormais, le haras n’est plus une institution indépendante, avec sa propre direction. Il fait partie intégrante de la station fédérale de recherches agronomiques Agroscope Liebefeld-Posieux ALP-Haras. Si le terme Haras national suisse n’apparaît plus dans la nouvelle organisation, il reste cependant utilisé en tant que marque, pour une certaine visibilité vis-à-vis du public. Cette restructuration a pour but d’optimiser l’utilisation des ressources humaines, mais permet également de sauvegarder le haras. Faisant partie d’une grande institution, il est moins exposé en cas de coupes budgétaires.
Quelle est donc votre fonction au sein de l’ALP-Haras?
Je suis responsable du département de recherche «cheval et abeille», et non directeur du haras. Je supervise trois groupes en lien avec les chevaux, EquiSearch, EquiTeach et EquiChain, qui ont chacun leur point fort: médecine vétérinaire, éthologie et élevage. La détention des chevaux au sein du haras fait partie d’un autre département. Mais ces changements au sein de la structure interne n’auront aucune incidence vis-à-vis du grand public. L’autre unité dont je m’occupe, celle des abeilles, est comparable à celle du cheval, au niveau de la tradition, avec une équipe de chercheurs de pointe et une grande visibilité vis-à-vis de la branche.
Les prestations du haras vont-elles changer à l’avenir?
Dans les grandes lignes, elles vont être similaires à ce qui était proposé jusqu’à maintenant. Nous allons garder nos prestations de base, en continuant par exemple à détenir des étalons franches-montagnes et à en acquérir au besoin de nouveaux. Soutenir l’élevage suisse et participer au transfert de connaissances via diverses formations sont également des prestations que nous allons poursuivre. Parmi les nouveautés, on peut citer le développement de travaux de recherche dans les domaines de la médecine vétérinaire, de la génétique, de l’éthologie de l’alimentation et de la production de fourrage, un point très positif pour toute la filière du cheval. Si des études ont déjà été menées par le passé, celles-ci vont prendre de l’ampleur.
L’Institut suisse de médecine équine vient d’être créé. Quel est son objectif?
Depuis longtemps, la clinique équine du Haras national suisse et celle de l’Université de Berne travaillent en étroite collaboration. En créant cet institut, les partenaires expriment le souhait d’intensifier le rapprochement entre les deux structures, en renforçant les domaines d’activité, liés à la formation et à la recherche. Si, jusqu’à maintenant, le point fort d’Avenches était la reproduction, la clinique va dorénavant développer ses compétences dans les domaines de la surveillance et du diagnostic des maladies héréditaires, ainsi que de la médecine du sport (prévention et rééducation). Nous allons, par exemple, nous pencher sur l’entraînement le mieux adapté à telle ou telle discipline, afin d’éviter des pathologies à moyen terme.
Quels autres programmes de recherche vont-ils être mis en place?
Dans le domaine EquiTeach, dirigé par l’éthologue Iris Bachmann, nos tâches sont avant tout liées à la protection des animaux et à la détention. Si nous avons déjà testé divers systèmes de garde, nous allons développer des projets liés au mode d’apprentissage des chevaux, pour définir la méthode la mieux adaptée à l’espèce équine. Par exemple, il existe plusieurs façons de charger un cheval dans un van. Mais laquelle génère le moins de stress tout en étant la plus efficace? Avec EquiChain, nous allons nous pencher sur la zootechnie et la génétique. Historiquement, le haras est fortement lié à l’élevage, qui fait partie de nos devoirs principaux. Notre but est de fournir aux éleveurs des outils qui leur permettent de trouver les meilleurs sujets et d’effectuer les accouplements les plus adaptés, tout en prenant garde à la biodiversité.
Quelle doit être la fonction du haras selon vous?
Il doit jouer un rôle de radar en anticipant les besoins de la filière équine pour y apporter une réponse adaptée, grâce aux nombreux spécialistes que nous comptons.
Propos recueillis par Véronique Curchod
Terre&Nature, le 12 janvier 2012
Bio Express
Le cheval, une passion de tous les instants
Ingénieur agronome diplômé de l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich, Stefan Rieder a été pendant plusieurs années professeur en sciences équines et en génétique à la Haute Ecole suisse d’agronomie, à Zollikofen (BE).
Le 1er septembre dernier, il a été nommé à la tête du Haras national suisse, succédant à Pierre-André Poncet. Si la carrière professionnelle de Stefan Rieder s’est toujours articulée autour du cheval, il côtoie également cet animal pendant ses loisirs. «Ce poste est une opportunité unique pour moi, souligne l’intéressé. Lier la tradition forte de cette institution aux besoins de demain, par le biais de la recherche est un défi que je suis impatient de relever.»

Huit dates clés de l'histoire du Haras
- 1899: Fondation à Avenches d’un dépôt d’étalons et de poulains, qui compte alors 150 hectares de terre.
- 1997: Privatisation du domaine agricole, ce qui permet la création de l’Institut équestre national d’Avenches (IENA).
- 2009: Le Haras national suisse et la station de recherche agronomique Agroscope Liebefeld-Posieux forment l’unité ALP-Haras.
- 25 février 2010: Le Conseil fédéral annonce un programme d’économie, qui comprend la fermeture définitive du haras à la fin 2011.
- 27 mai 2010: Plus de 60 000 personnes ont signé une pétition contre la fermeture du haras. La filière équine et les milieux politiques se mobilisent pour sauver le haras.
- 1er décembre 2010: Le Conseil des Etats approuve la motion de Peter Bieri, qui demande d’inscrire dans la loi sur l’agriculture que la Confédération s’engage à exploiter un haras national et à en assurer durablement le financement.
- 13 janvier 2011: Le Conseil fédéral réévalue la situation budgétaire et décide de renoncer aux mesures d’économie prévues. Le Haras national suisse est sauvé.
- 1er septembre 2011: Entrée en fonction du nouveau responsable du département de recherche Haras national suisse, Stefan Rieder. Dès 2012, le département aura pour nom Département chevaux et abeilles.










