La vision des chiens diffère sensiblement de la nôtre. Quelles conséquences cela a-t-il dans nos relations avec eux? Explications.
La skieuse valaisanne Chantal Bournissen a testé le skikjöring

A L’Etivaz (VD), par une journée glaciale de février, Norbert Chabloz équipe ses deux chevaux d’un harnais de skikjöring. Fervent adepte de cette discipline depuis de nombreuses années, il a accepté de mettre Daisy et Leila à disposition de Chantal Bournissen. L’ancienne championne enfile casque et skis, afin de tester ce sport méconnu. Pourtant, la Valaisanne n’a pas été emballée d’emblée à cette idée. «Je ne voyais pas l’intérêt de se laisser tracter par un cheval.» Mais de nature curieuse et enthousiaste, elle s’est laissé convaincre de tenter l’aventure. A l’heure de s’élancer sur la piste, la skieuse s’interroge. «J’imagine que les sensations vont se rapprocher du ski nautique. Quant au cheval, je n’ai côtoyé cet animal que lors de camps d’entraînement, en vue de la préparation à la saison de ski. Pour travailler la coordination et la force, divers sports nous étaient proposés. J’ai ainsi découvert la voltige équestre.»
Afin de commencer en douceur, Chantal Bournissen découvre tout d’abord la version la plus facile du skikjöring. Un cavalier, en l’occurrence Norbert Chabloz, monte à cheval, tandis que la skieuse suit en se tenant à un harnais. Le trio s’élance ainsi sur la piste, au pas, au trot, puis au galop. Daisy, une jument quarter horse importée du Canada, excitée par le froid mordant, offre de jolies accélérations. Pourtant, la Valaisanne, habituée des sensations fortes offertes par la descente à ski, où des vitesses de plus de 100 km/h sont atteintes, a l’impression de se balader à un rythme plutôt tranquille. Pour apporter un peu de technicité, le trio enchaîne ensuite avec un slalom. Si lors de la première portion, plus aisée, cheval et skieur doivent prendre les portes, ensuite seul ce dernier enchaîne les virages, alors que le cheval va tout droit. Chantal met un peu trop de carres et c’est la chute! «Techniquement, c’est difficile, car on prend de la vitesse, puis subitement on ralentit. Contrairement au ski, il vaut mieux se laisser déraper dans les virages, plutôt que faire une prise de carres.»
Complicité avec l’animal
Après cette première approche, la championne de ski doit maintenant gérer seule le cheval. Leila, une jument franches-montagnes expérimentée, est équipée d’un harnais spécial et de longues rênes, qui permettent au skieur de diriger l’animal. Maîtriser à la fois la direction et l’allure du cheval, tout en n’oubliant pas ses skis nécessite une réelle adresse. Après quelques tours de piste au galop, Chantal Bournissen se lance dans le slalom, avec un certain succès, malgré quelques portes oubliées au passage. Rapidement, elle se prend au jeu et, concentrée, améliore sa trajectoire au fil des passages. «Si, en course, je ne pensais qu’à la ligne optimale à suivre, là j’oublie mes skis pour me concentrer sur le cheval. L’aspect technique n’est pas évident, car on doit penser à faire tourner le cheval à gauche, alors qu’on va à droite.»
Il est temps pour Leila et Daisy, qui ont fourni un bel effort, de regagner l’écurie. «J’ai nettement préféré être seule derrière le cheval, s’enthousiasme Chantal Bournissen. Si au début, avec le cavalier, je ressentais une contrainte à devoir suivre le mouvement, seule j’ai au contraire eu une impression de grande liberté. Je rêverais de quitter la piste pour partir dans de grands espaces vierges. Le cheval ajoute une autre dimension. Jamais je n’aurais imaginé que la complicité avec l’animal dans l’effort apporte un tel plaisir. Même si on ne va pas forcément très vite, on ressent la puissance du cheval au galop. J’ai été conquise et retenterais volontiers l’expérience!»
Véronique Curchod
Terre&Nature, le 9 février 2012

De la compétition au plaisir du ski

© Photos Olivier Born










