Les délicieuses chroniques de Sylvie Bonvin, agricultrice fribourgeoise, sont désormais regroupées dans un livre qui vient de paraître aux éditions Terre&Nature. Présentation.
Candidate n°5 - Eveline Scheidegger

Eveline Scheidegger a de l’énergie à revendre. En effet, cette active trentenaire supplée régulièrement aux absences de Gabriel, son mari, contraint de travailler à l’extérieur. Ce dernier, Jurassien d’origine et fils de paysan, n’a pas été très dépaysé lorsqu’il s’installe à La Sagne en 2005: «Mon épouse disposait du domaine agricole de son papa.» Et Eveline Scheidegger de préciser: «Mon père ne l’exploitait plus. C’était une bonne opportunité.» Elle avoue pourtant que ce n’était pas le métier dont elle rêvait. «J’avais toujours dit que je ne marierais pas un paysan.» Quand elle rencontre son futur mari à Swiss’expo, l’exposition lausannoise de vaches laitières, Eveline travaille comme coiffeuse. Mais l’amour fait le reste et le couple reprend en 2005 le domaine paternel. «Il a fallu presque tout recommencer de zéro. Nous avons construit une nouvelle stabulation, acquis du matériel et des animaux. La terre en revanche ne demandait qu’à retrouver sa vocation agricole. Les 24 hectares sont faciles à travailler car quasi d’un seul tenant.» A côté de la production de lait pour l’industrie, Gabriel et Eveline Scheidegger élèvent aussi des taureaux. «C’est une tradition familiale, relève Eveline. Cette activité est rentable et ne donne pas trop de travail.» Les sources de revenus sont complétées par la vente de vaches de rente. Une activité fructueuse jusqu’en 2008. «Cette année-là, le prix de vente d’une bête de rente a chuté de 1000 francs et nous avons perdu 15 centimes par litre de lait.» Le couple s’est alors retrouvé dans une situation très difficile. Le salut est venu de la fédération Swiss Herdbook et de la fédération holstein. «J’ai été engagé à 40% pour faire la description et la classification de la morphologie des vaches. Ce travail me plaît beaucoup», explique Gabriel Scheidegger. Mais cette activité le tient toutefois éloigné de la maison deux jours par semaine. «J’interviens sur l’ensemble de la Suisse.» Ce qui a contraint Eveline à s’impliquer davantage dans la conduite du domaine. «J’aime bien aller à l’écurie. Mon papa me donne aussi un coup de main.» Mais elle avoue tout de même que ce n’est pas tous les jours facile de concilier la conduite du domaine et la vie familiale avec deux enfants encore en bas âge, Lorine (4 ans) et Ivo (6 ans et demi). Gabriel Scheidegger n’exclut pas de revenir à temps complet sur l’exploitation si la conjoncture s’améliore. «L’agriculture, c’est ma passion. J’ai envie de continuer.»
Un lapin très apprécié
Malgré ses nombreuses occupations, Eveline, qui consacre ses loisirs à la musique en jouant dans la fanfare L’Espérance de La Sagne, trouve toujours le temps de mitonner de succulents petits plats. «J’aime tester de nouvelles recettes. J’écrème mon lait, lorsque j’en ai trop, pour faire des bricelets et des gâteaux à la crème.» L’équipe de tournage de la TSR ne s’est donc pas fait prier au moment de passer à table pour déguster les rillettes au lapin concoctées par la maîtresse de maison.
Alain Prêtre
Terre&Nature, le 24 novembre 2011

Son exploitation:
● 25 laitières, 15 génisses et 3 taureaux.
● 150 000 kilos de lait.
Sa recette:
Préparation: 45 min
Ingrédients:
● 1 lapin
● 500 g de lard fumé
● 250 g d’oignons
● 1/2 litre de bouillon de bœuf
● Sel, poivre, romarin en poudre
Préparation:
● Cuire au four pendant 3 h le lapin entier (poivré, salé), le lard et les oignons
● Désosser le tout
● Passer au hachoir en mélangeant le tout ainsi que le romarin
● Finir avec le bouillon pour nettoyer
le hachoir
● Remettre au four 10 min à 200°
● Remplir les moules
● Mettre au frigo durant une nuit
Ses adresses:
La fromagerie des Ponts-de-Martel est aménagée de telle sorte que le public peut assister à la fabrication des fromages. Elle produit des spécialités fromagères des Montagnes neuchâteloises: le germain, le major-benoît, le bleuchâtel ou encore le britchon et le gruyère.
Restaurant
Le restaurant du Grand-Sommartel (commune de La Sagne) offre une vue imprenable sur les Alpes. Il propose une cuisine à base de produits du terroir. La langue de bœuf aux câpres et les filets mignons aux morilles sont deux de ses spécialités. Tél. 032 931 17 27.
Balade
Le sentier des Statues de La Sagne permet de découvrir une quarantaine de sculptures taillées à la hache dans les troncs de la forêt de Marmoud. Compter une bonne heure sans les arrêts pour admirer ces créations artistiques.










