Swiss Expo - Sous le regard aiguisé du juge

Sous le regard aiguisé du juge © Jean-Luc Barmaverain
 

Les paysans qui le souhaitent peuvent faire évaluer la morphologie de leur vache par des experts qui viennent à l’étable. Cela s’appelle la description linéaire. C’est un service proposé aux éleveurs et un travail important effectué par les fédérations d’élevage. Du jarret au pis en passant par le cou et les flancs, les experts examinent en 24 critères si la vache est conforme à la morphologie idéale prévue par un standard européen. L’ordinateur fait la synthèse de tous ces résultats. Avec le suivi des performances laitières de la vache, tous ces chiffres accompagneront l’animal durant toute sa vie et lui serviront en quelque sorte de carte d’identité.

Le rôle des conducteurs

«Lors de la Swiss’expo de Lausanne, comme lors des autres concours bovins, le rôle des juges est un condensé du travail des experts de la description linéaire», souligne Eric Barras, sous-directeur à la Fédération suisse d’élevage holstein à Grangeneuve/Posieux (FR) et juge depuis 1997. La grande différence, c’est que le juge ne peut pas tenir compte de tous les paramètres dans le détail. D’autre part, il dispose d’un temps très limité: «En moyenne, lors des grandes expositions bovines, il examine une vache en plusieurs fois, sous des angles différents, mais au total cela ne lui prendra pas plus de trente secondes environ par animal.» Mais une demi-minute très intense. C’est la raison pour laquelle le rôle des conducteurs de vaches au ring est très important. Ils ne perdent jamais le juge de vue. Car ils savent qu’au moment où ce dernier tournera son regard vers eux, il faudra que la vache se présente de manière idéale.

Huit critères importants pour juger de la qualité d'une vache:

Le type laitier

Très souvent le juge (ou la juge) «flashe» sur une vache dès son entrée au ring. Cela tient à une impression générale d’harmonie. Un cou fin et pas trop puissant, la finesse du cuir, la qualité de l’ossature (plate et fine), tels sont quelques-uns des critères qui contribuent au caractère laitier d’une vache.

 

La mobilité

La manière dont une vache se déplace – idéalement de façon bien rectiligne – n’a pas toujours été examinée par les experts. Aujourd’hui, c’est un critère de jugement important. Une vache qui se meut bien sera épargnée par l’arthrose ou les boiteries et vivra plus longtemps.
 

 

Le soin apporté à la préparation

C’est le plus que les éleveurs apportent à leur bête, la touche finale. Ces soins – clippage, nettoyage, brossage, shampoignage, etc. – ne gommeront pas un éventuel défaut de la génisse ou de la vache en concours mais sublimeront ses qualités.

 

 

L’attache avant de la mamelle

Une mamelle accrochée haut, qui se prolonge et fait corps avec l’abdomen de la vache, c’est un atout majeur. Cela signifie qu’avec les années et le poids des lactations successives, le pis restera bien soutenu et ne pendra pas exagérément au risque que les trayons ne touchent la litière, ce qui peut provoquer des infections.

 

 

La ligne de dos

Les os qui se trouvent près de la naissance de la queue s’appellent les ischions. Dans l’idéal, ils sont reliés à la pointe de la hanche selon une pente descendante comme ici. Ainsi, après la mise bas, cela garantit que les restes de l’accouchement s’écoulent rapidement et bien.
 

 

 

Le profil du jarret

Les jarrets de la vache ne seront ni trop droits ni trop coudés (ici, c’est l’idéal) . Sans quoi la pression irrégulière qui s’exerce sur les sabots peut conduire à des boiteries qui n’incitent pas la vache à aller chercher loin l’herbe des prairies. D’où une moindre production laitière.
 

 

 

La profondeur du pis

Dans l’idéal – comme sur cette image – le plancher du pis devrait se situer à quelques centimètres au-dessus de la pointe du jarret. Cela permet d’éviter d’éventuelles blessures du pis et facilite le travail du paysan à l’étable quand il fixe les manchons trayeurs au moment de la traite biquotidienne.
 

 

 

Pierre-Alain Cornaz

Terre&Nature, le 12 janvier 2012
 

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Experts bien formés

En Suisse, les candidats juges suivent une école de formation dispensée par les principales fédérations d’élevage bovin. Ils participent ensuite, chaque année, en principe, à un cours de formation continue. «A la fédération holstein, nous comptons une dizaine de juges actifs», souligne Eric Barras. «Nous disposons d’une vingtaine de juges dans nos rangs», relève pour sa part Matthias Schelling, directeur de Swissherdbook, la Fédération suisse d’élevage de la race tachetée rouge. Le problème vient que ces juges ont malheureusement peu l’occasion d’exercer cette belle activité qui doit quand même être pratiquée régulièrement si l’on ne veut pas perdre la main.
 

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